Festival

Joudour 2015       –       Joudour 2017


Soutenu par la ville et la province d’Essaouira, le festival JOUDOUR permet au public de renouer avec la musique de transe soufie à travers les institutions qui la portent tout au long de l’année : les Zaouias, centres névralgiques des Confréries de traditions soufies.
C’est ce patrimoine ancestral, cette tradition orale que le festival JOUDOUR perpétue années après années, grâce à l’action de l’association Joudour et de son fondateur et directeur Abdallah Chfira.
JOUDOUR signifie “Racines” en arabe et, au vu de celles d’Abdallah Chfira, il n’est pas étonnant qu’elles lui aient insufflé l’envie de créer ce festival.

“Mon grand père paternel, Sidi Ahmed Ben Nasser, est le fondateur de la confrérie « Nasseria ». La pratique confrérique y est essentiellement constituée par le samâ’* et le dhikr**.
Mais ce ne sont pas seulement mes origines qui m’ont poussé à créer le festival, c’est le constat du nombre de zaouias existant à Essaouira dont douze sont ouvertes ,mais à rénover, et seulement six « animées ».
Les zaouias sont très importantes et l’on se doit de les faire vivre.
La particularité de notre festival est d’impliquer les zaouias.
A long terme, ce que nous souhaitons, c’est que les zaouias, qui ont été quelque peu délaissées, reprennent vie.”


Pourquoi JOUDOUR ?

Ouvert sur le monde depuis des millénaires, le Maroc se fonde sur les valeurs humaines de paix, de solidarité, de tolérance et de dignité. C’est dans ce sens que l’association Joudour pour l’art et la culture, basée à Essaouira, a initié un événement qui a pour ambition de révéler l’apport artistique et culturel des confréries soufies et leur rôle dans le domaine des musiques de transes et des musiques du monde . La ville d’Essaouira et son histoire, riche de cette culture, ne peut que mettre en valeur la grandeur et la diversité de ce patrimoine national et par conséquent contribuer à l’essor du Maroc et à son développement au sein la communauté internationale. En ouvrant des voies à l’implication des jeunes et moins jeunes, affiliés ou non à des confréries soufies, cette manifestation aspire à encourager toutes les potentialités du Maroc à agir dans un processus créatif et solidaire de grande envergure pour installer un espace de rencontre, d’échange et de dialogue sur l’importance socio-culturelle des confréries soufies et des musiques de transes, constatant que certaines de ces expressions artistiques restent marginalisées ou mal estimées. L’événement sera un vecteur dynamique, permettant aux expressions artistiques traditionnelles des confréries de se développer à la fois dans le cadre de leurs zaouias mais aussi en tant que spectacle de scène à part entière.

L’héritage des confréries soufies du Maroc, plusieurs fois séculaire, est gravement menacé car les structures sociales qui le soutenaient voient leurs liens se distendre. Le passage au divertissement et à l’exploitation commerciale anarchique auxquels sont confrontés les arts traditionnels en général et la musique du soufisme populaire en particulier, ne peut en aucun cas rassurer. Nous souhaitons ardemment que les dépositaires de ce corpus, et notamment de ces admirables musiques, puissent s’investir durablement dans une expression artistique de qualité. Nous souhaitons éclairer les éléments essentiels d’une histoire sociale pour une meilleure compréhension de notre culture populaire, à travers la transmission d’un héritage musical encore accessible, la musique étant l’un des facteurs de développement socio-culturel le plus important et le plus “durable“ pour notre pays. Les premières rencontres des Confréries Soufies et des musiques de transes ont été initiées dans une perspective de développement durable et dans un esprit solidaire et équitable, profitant de la dynamique culturelle créée à Essaouira grâce aux différentes manifestations musicales d’envergure déjà présentes.


*  Le samâ’ ou « audition spirituelle » remonte au temps de l’émigration du Prophète Muhammad de la Mecque à Médine où il fut accueilli par un chant à sa gloire : « La pleine lune s’est levé sur nous… ». L’écoute de voix harmonieuses, de poèmes ou de mélodies bien rythmées procurent à toutes les créatures un très grand plaisir et une grande diversité d’émotions, selon le tempérament et les dispositions de chacun. Le Prophète Muhammad recommandait d’ailleurs à ceux qui avaient une belle voix de réciter le Coran : « Embellissez vos voix en récitant le Coran à voix haute ! » (Daniel Roussange in soufisme.org)

** Le mot « dhikr » signifie « souvenir », mais aussi « rappel » et « répétition ». Dans le soufisme, ce mot désigne l’exercice spirituel consistant à répéter un grand nombre de fois certaines formules tiré du Coran. En effet, le Livre sacré pour les musulmans incite l’homme à se rappeler fréquemment de son Seigneur, et, pour cela, prend place la répétition des Noms divins. Celle-ci peut être effectuée de façon individuelle et à voix basse, ou bien collectivement et généralement à voix haute. (Raphaël Feur in soufisme.org)